Premier voyage au Vietnam


Concernant cette première étape humanitaire pour l'association, nous ambitionnions de concrétiser de deux projets. Le premier consistait à la mise en place du parrainage de un voire de deux enfants. Ces parrainages d'enfants se conçoivent sur la durée, laquelle s'étale généralement sur 10 ou 15 ans.

 

Et puis un second projet qui consistait à participer au financement d'une construction, si possible en lien avec l'éducation. Il aurait pu s'agir d'une école, d'un pont pour y mener etc...

 

Quelques mois avant notre départ, je suis entré en contact avec plusieurs associations humanitaires qui menaient des actions sur le Vietnam. Par l'entremise de l'une d'elle, j'ai été mis en contact avec un intermédiaire qui allait pouvoir nous aider.

 

Par chance cet intermédiaire, très impliqué dans l'aide aux villages du Nord Vietnam, et notamment à la frontière chinoise, parlait un très bon français.

 

Je lui expliquai notre volonté d'aider, dans la modeste mesure de notre association, à mener une action à vraie valeur ajoutée pour des habitants de villages isolés.

 

Il se trouve que cet interlocuteur canalisait justement des fonds pour la construction ou la restauration d'écoles dans des villages isolés du nord Vietnam.

Il connaissait d'ailleurs, dans les hauteurs montagneuses proches de la Chine, un village qui se trouvait réparti sur plusieurs   collines.

Les enfants devaient quotidiennement parcourir à pied de nombreux kilomètres pour rejoindre l'école qui centralisait tous les enfants. 

Leur projet était donc de construire une classe sur chacune des 9 collines. Le montant de chaque "école" (soit 1 pièce en dur sur une chape de béton avec devant cette unique pièce un espace sous appentis) était pour ainsi dire forfaitaire ce qui me permettrait d'avancer pas à pas, dans un projet global assez bordé, lequel aurait pu s'étaler sur plusieurs années, en accueillant au fur et à mesure aussi d'autres associations pour renforcer notre action. Telle était l'ambition initiale.

 

ARRIVEE A HANOÏ.

Agréablement dépaysés dans cette ambiance où la ville s'active avant même le lever du jour, où chacun prépare son étale, transporte, la plupart du temps à vélo ou en scooter, des denrées à vendre dans la journée, nous découvrons cette culture d'une richesse inouïe. Le Vietnam, le pays du travail. Cette multitude perpétuellement active jusqu'à tard le soir rappelle bel et bien l'activité incessante des fourmis. Et comme les fourmis, les vietnamiens portent souvent plusieurs fois le poids de leur propre corps sur le dos.

Au plan spirituel, l'omniprésence des statues de vénérables personnages se dévoile silencieusement dans les temples, les pagodes, les musées, mais aussi dans la moindre fumée d'encens qui s'élève des mini autels où chacun honore sa déité ou ses ancètres par des offrandes délicates, devant sa maison, son magasin, au coin de la rue...  

 

Nous rencontrons notre contact et rdv est pris pour le lendemain à 05:00 du matin à l'hôtel. Un minibus passera nous prendre.

 

PERIPLE DANS LE NORD VIETNAM

Il ne fallut que 7 heures pour arriver à quelques encablures de la frontière chinoise.  7 heures de trajet mouvementé, ponctué de nombreux moments en apnée dûes aux interprétations plutôt approximatives du code de la route des uns et des autres... Dépassements au plus "culotés", effleurements de véhicules à contre sens - les klasons semblant jouer le rôle de graisse entre les véhicule pour que cela passe sans casse...

 

Et puis intempéries obligent lors des périodes de mousson, les routes souvent en piteux état à mesure que nous montons vers les hauteurs... Nous terminons en 4X4, rejoints par une autre équipe de vietnamiens impliqués dans des associations d'aides.

 

Finalement, notre interlocuteur nous explique que le projet ne concerne plus le village disséminé sur plusieurs collines mais une école dans un grand village. Qu'à cela ne tienne, ce sera utile.

 

Une fois sur place nous découvrons des gens charmants, dévoués, et une école qui se délabre.  Pour des raisons de sécurité, une partie de celle-ci n'est d'ailleurs plus utilisée. L'idée est donc de refaire cette partie du bâtiment, ce qui, en terme de volume de travail et d'argent, revient à peu près à ce qui était prévu pour notre première action, celle qui visait la première colline.

 

Après des invitations de courtoisie dans des lieux administratifs, nous revenons sur place.

 

Ayant des notions élémentaires de construction, je m'inquiète pour la pérennité de tout bâtiment à cet endroit-là car l'école était érigée sur une rizière - non par inconséquence ou manque de professionnalisme, mais par manque de moyens, car cette partie de la rizière a été offerte par son propriétaire à la commune pour qu'elle puisse y bâtir l'école du village.

 

Ces fondations qui semblent faites de remblais m'inquiètent et je ne veux pas que l'association rénove un bâtiment voué à s'effondrer d'ici quelques années s'il est construit selon les mêmes modalités que le précédent.

 

Je questionne à plusieurs reprises pour savoir ce qui était prévu de faire afin de palier à ce problème de terrain. Mais les réponses sont évasives.

 

Après plusieurs heures sur place plusieurs à étudier le projet sous différents angles, nous retournons à Hanoï dans la nuit, pour ma part embarrassé par ce flou qui subsiste au sujet des fondations.

 

Hanoï est également pour moi l'occasion de rencontrer à plusieurs reprises un certain Quân, médecin expert en acupuncture, et même si je ne pratique pas cette discipline, nos échanges concernant les points d'accupression furent très enrichissants.

 

Une certaine considération réciproque se forgeant, il me fit aussi une démonstration d'arts martiaux digne d'un film de Bruce lee... ;-)

 

Après avoir visité un premier orphelinat bouddhiste, nous continuons notre voyage en visitant quelques splendeurs naturelles ou architecturales, et nous descendons sur Hué, la ville impériale.

 

De là, en sollicitant plusieurs personnes, j'entre en contact avec un autre orphelinat que nous décidons d'aller visiter.

Nous découvrons le travail formidable qui a été réalisé par une association française et passons quelques heures à échanger sur les modalités du soutien que nous envisagions d'un ou plusieurs enfants jusqu'à sa majorité.

 

Puis nous rentrons en France.

Reprennent alors les échanges d'emails avec notre contact initial pour continuer d'avancer sur le sujet du financement des travaux de l'école. Malgré mes demandes répétées, je n'obtiens qu'un devis mais pas de plan ni d'informations techniques précises concernant le terrassement et la construction proprement dite.

Le devis montre aussi que de leur côté le projet a évolué car de nouvelles pièces sont à présent prévues. Le montant lui, se trouve multiplié par quatre.

 

Ne pouvant engager l'association sur un tel montant, à regrets, nous avons décidé de suspendre la procédure.

 

APPEL : Dans l'hypothèse où d'autres partenaires financiers se manifesteraient, nous pourrions ré-envisager l'ouverture de ce dossier. A noter que mes conditions de précision concernant les plans resteraient inchangées.
 

Bien que cette première expérience de construction se trouva suspendu de façon un peu décevante, cela n'entachait en rien ma volonté initiale de mener une première action de ce type.

 

En effet, ce n'était que partie remise car l'association allait bientôt entrer en contact avec le responsable d'une agence de voyage établie à Phnom Phen, spécialisée dans l'aide humanitaire dans les villages les plus démunis du Cambodge...